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Art contemporain : la foire de Chicago se positionne face à New York et Miami

Pour son fondateur Tony Karman, Expo Chicago, lancée en 2012, a toute sa place sur un échiquier américain pourtant saturé.

Se distinguer est le mot d’ordre de Chicago. L’architecture, qui a toujours été le point fort de la métropole du Midwest, demeure le terrain privilégié pour les expérimentations. Sur le plan politique, l’élection de la démocrate Lori Lightfoot, première maire noire et homosexuelle de l’histoire de la ville, tranche évidemment avec le profil du locataire de la Maison Blanche. Se singulariser est aussi le maître mot de la foire d’art contemporain Expo Chicago, qui se tient jusqu’au dimanche 22 septembre, au bord du lac Michigan. Quartiers résidentiels et ghettos, chacun à sa manière, estiment qu’il est possible de renouer enfin avec un certain âge d’or.

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Quand, en 1976, la New-Yorkaise Rhona Hoffman a créé sa galerie à Chicago, elle est tombée de haut. La ville était à l’opposé de la « Grosse Pomme » : peu de lieux dédiés à la danse, une scène lyrique sans ampleur, une presse culturelle qu’elle juge médiocre. « J’ai pleuré pendant des années », raconte la galeriste octogénaire. Les artistes, en revanche, sortaient déjà du lot. Quand Manhattan ne jurait que par le pop art ou les minimalistes, la capitale de l’Illinois défendait déjà sa propre école, les imagistes, constituée autour d’Ed Paschke. Quarante-trois ans plus tard, Rhona Hoffman n’a pas l’ombre d’un regret. « C’est sûr, j’aurais fait plus d’affaires à New York, admet-elle. Mes artistes sont parfois repérés et aspirés par des galeries plus puissantes. Mais je préfère que les choses se fassent dans ce sens que d’être une suiveuse. »

Vitalité des artistes
Aujourd’hui encore, malgré de fortes inégalités sociales et raciales visibles jusque dans les musées où le public est majoritairement blanc et les gardiens noirs, toute une scène afro-américaine a prospéré autour de Kerry James Marshall et Theaster Gates, qui a récemment connu sa première exposition personnelle en France, au Palais de Tokyo, à Paris.

La vitalité des artistes ainsi que des institutions locales a longtemps porté la foire de Chicago qui, dans les années 1980, était le passage obligé des marchands américains, et plus encore de leurs confrères européens. Avant qu’ils ne lui préfèrent de nouveaux salons comme l’Armory Show à New York au milieu des années 1990, Art Basel Miami Beach en 2002, et depuis avril, Frieze Los Angeles.

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L’entrepreneur local Tony Karman ne veut pourtant pas se résigner à la fatalité. Il en est convaincu, Expo Chicago, qu’il a lancée en 2012 sur les cendres de l’ancienne foire, a toute sa place sur un échiquier américain pourtant saturé. Le galeriste Daniel Templon, qui y participe pour la huitième fois, veut aussi y croire : la foire a beau être secondaire, elle reste une porte d’entrée intéressante sur le marché américain.

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